mardi, 17 mars 2009
Les Princes des villes
J'ai quitté Pantin et remonté la Couronne, la petite. Plus au nord, où les caprices de la météo et les terreurs naissantes du Grand Réchauffement ne sont que le cadet des soucis des habitants.
Plus au Nord, plus profond encore au coeur du Bastion, dans un bout des lambeaux de ce qu'il reste de la Ceinture Rouge.
Comme partout quand ils embellissent les villes, les jardiniers ont pour premier ennemi, pour premier coupable les gens.
Parce que les gens ne respectent plus rien, c'est bien connu! C'est la même cantilène qui m'accompagne et donc le même esprit de défi qui me cornaque encore et toujours.
Alors cette chanson à tous les jardiniers qui s'usent, s'ennuient ou se battent et rêvent à embellir les villes!

Ce Royaume du Nord c'est un peu Samarcande. Tout s'y croise, s'y superpose, s'y échange.
Ce Territoire est intense. S'y entrechoquent les immeubles en verre et les pavillons en briques, les hangars en alu peint des "entreprises" et les murs croulants des ferrailleurs, d'immenses friches industrielles et de flambants quartiers d'affaires ou de résidence.
Et puis sur ce petit lambeau, sur cette ville, repose l'un des deux monstres qui avalent les restes de Paris. L'usine d'incinération des déchets ménagers.
Y pénétrer pour des raisons de service, c'est à la fois être obligé de sentir l'odeur de l'enfer qui n'a plus celle du souffre mais plutôt le fétide d'une poubelle oubliée en plein soleil et avoir le privilège de voir notre façon de vivre par le petit trou de son cul!
Et mon dieu que nous sommes immenses si l'on respecte les proportions! Les fosses de déchargement s'estiment en dizaine de mètres de profondeurs.
L'enfer est organisé, l'Apocalypse n'est pas un foutoir.
Mais je raconterai les rats et la panique devant leurs multitudes, une autres fois.
Quand j'aurai compris les hommes de cette nouvelle ville. Puisque après tout, les rats ne sont rien d'autres que nos commensaux et s'ils sont à foison c'est que la table de notre espèce est riche en miettes.
Bon appétit ma précieuse humanité!
19:50 Publié dans Des rats et des hommes et puis les Puces | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note











