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lundi, 18 février 2008

Elvis et La Skumba

Ce matin j'ai acheté le journal. Je voulais en savoir un peu plus sur la proclamation d'indépendance du Kosovo.

Parce qu'en 1999, par un joli mois de mai finissant, j'avais accepté de suspendre mon contrat de travail, ma vie amoureuse en construction, de confier la clé de mon appart et des procurations  à un ami, de courir au supermarché du coin pour refournir une trousse de toilettes, de refroquer  du kaki, de conduire un convoi de camions  militaires à T., de remonter à N. pour monter dans un Transall.

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Il y a 9 ans je suis parti en guerre. Réserviste volontaire de l’armée de la République qui « se professionnalisait », ma décision fut assez anachronique et assez rapide pour m’épargner les larmoiements, et les discours convenus en pareilles occasions.

 

Il y a 9 ans, comme  pour tout le monde dans cette Europe estampillé OCDE, l’écran de ma télé me déversait depuis le milieu de l’hiver des tombereaux de réfugiés kosovars. Des tombereaux je dis, mais  aussi bien des charretées, des chariots, des remorques de tracteurs agricoles, des bagnoles déglinguées, des bus essoufflés, bref: plein de gens.

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Je ne sais pas pleurer du malheur des autres que je ne connais pas. Il y a 9 ans je n’ai pas non plus pleuré, juste vu ces tombereaux d’humains les poches vides et les yeux hagards.

Il ya 9 ans j’ai accepté la parenthèse de ma vie heureuse non pas à cause des regards stupides mais pour la raison que leur poches étaient vides.

En juillet 1999,  basé au Sud d’un pays Albanie, sous une tente UNHCR, j’attendais les Transall qui, puisque la guerre était enfin finie, avalaient leur capacité en réfugiés pour les engloutir le temps d’un voyage afin de les réaccoucher au kosovo.

En juillet 1999, j’ai rencontré le temps de cette attente sous une tente, un vieil homme.

Au premier vrombissements audibles du Transall qui commençaient sa descente, il leva ses yeux sur moi, me regarda, m’interpella en anglais  que je connais trop mal, et après quelques dénégations et propositions de langues européennes, notre rencontre fut possible en italien.

Pris depuis quelques mois entre les vapeurs de carburants que j’étais chargé de convoyer et le flot des hommes, des femmes, des enfants que je débarquais des camions quand les bacs étaient pleins, j’étais parvenu à m’isoler dans ma fonction de chef de convoi. Puisqu’il faut rester opérationnel.

En juillet 1999, j’ai rencontré un homme. Après ses remerciements pour les trois couleurs de la République que je portais en brassard, me demanda des nouvelles de mon amour, de mon boulot, des joies de mes plaisirs et des plaisirs de mon âge. J’ai tenu la conversation aussi avec des questions. Banales pour un homme. Femme, enfants, métier.

En juillet 1999, cet homme, à chacun des épisodes de sa vie, ajoutait « mi credi ? »  c’est-à-dire : tu me crois ?

A la 2ème répétition, je me suis permis :

-Et pourquoi je ne vous croirais pas ? (ma perchè non La crederei ?)

Parce que qu’il n’avait plus ni livret de famille, ni acte de propriété, ni photo, ni plaque d’immatriculation, encore moins de carte d’identité et que revenir sans preuve c’est de nouveau devoir se battre pour une dignité

Vivant on peut-être mort.

Alors en ce jour  de joie pour quelques pegreuleux du fin fond d’une Europe, qui est aussi la nôtre, en tout cas la mienne, je veux me souvenir d’un homme qui est monté dans un avion militaire le sourire aux lèvres et l’espoir chevillé au cerveau.

Je veux me souvenir d’une conversation, non pas en Sicile, mais en italien, dans un cirque de montagne du Sud de l’Europe.

Je comprends les questionnements diplomatiques, politiques et géostratégiques puisque j’ai repris mon cerveau de citoyen OCDE dès août 1999. Mais j’ai pour ma part et sans exigence pour les autres, mon propre devoir de mémoire.

Alors ,

 Mirupafshim së shpejti

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 Je n'ai aucune haine contre aucun serbe. Je suis d'origine polonaise et le panslavisme du sud ou du nord n'est qu'un archaïsme, un retard d'un siècle. Le nationalisme est l'échec du siècle  où je suis né. Celui que nous devons construire est ignorant de nos drapeaux désuets.

Soldats de la dernière guerre du dernier siècle du dernier millénaire de mon continent, je veux espérer et construire l'avenir d'une jeunesse innoncente. 

dimanche, 17 février 2008

en avant toute! ou bien ?

68cf67224e1e9a8bb540592842b85c24.pngVoilà c'est fini! comme certains, qui ont fait espérer la génération dont je suis, le chantent.

C'est fini le blog. En tout les casle blog avec la chronique  comme  colonne.

Parce que cette bataille est gagnée. 

C'est fini. puisqu'ils font, tout petit, la différence entre la graine et l'arbre et l'herbe. et Bien!!! Ca recommence. puisqu'aussi bien les saisons se suivent sans pouvoir jamais laisser le monde identique. Et c'est tant mieux.

Parce qu'ici, on m'avait dit que rien ne pousserait, et qu'il a poussé plus que des plantes, des regards, des questions et des étonnements et des savoirs.

Bon vent aux graines semées.

Pour ma part, je réaffirme mon espoir en l'avenir, et l'avenir des hommes : la jeunesse.

Je copie donc quelques mots d'une Vénérable, d'un Témoin, l'un de ces Phares dont la lumière permet de ne pas se perdre quand les temps s'obscurcissent :

"Je ne suis pas de ceux et de celles qui redoutent l'avenir.

Les jeunes générations nous surprennent parfois en ce qu'elles diffèrent de nous[...]. Mais cette jeunesse est courageuse, capable d'enthousiasme et de sacrifice comme les autres. Sachons lui faire confiance pour conserver à la vie sa valeur suprême." 

                                                                                                          Simone Veil, Une vie,  Ed. Stock, Paris 2007.

 

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 Et je veux finir avec des voix, puisqu'aussi bien, j'ai, dans un ouvrage de vulgarisation scientifique, appris que ce qui a été diffusé sur les ondes de nos radios est immortel, alors pour l'éternité:


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